Brainfuck#1

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Tu sais, Manu : le bien et la réussite sont deux choses différentes. Ça paraît con dit comme cela mais je suis sûr que tu es capable de comprendre la différence. Tu vois, Manu, tu penses sûrement avoir réussi et c’est vrai : comme un paquet de cons sur cette terre. Le revers de la médaille, c’est qu’on est loin du compte sur le chemin du bien. Je dirais qu’on n’est très mal barré. Sois bien conscient que ce que je critique au travers, te concerne mais pas que toi. Tu es une resucée de ce qui a toujours proliféré sur cette bonne vieille terre depuis l’avènement de l’homme. A un moment donné, l’homme s’est mis à penser mais il n’en a pas pour autant mis de côté ses instincts primitifs de survie. C’est pourtant cette capacité qui pourrait le distinguer des autres espèces de l’arbre du vivant. Etre capable de sortir de sa condition… « Think out of the box » pour reprendre une expression connue et pourtant dévoyée jusqu’au dernier degré.
Tu vois, Manu, j’ai mis du temps à sortir de ma tête tout la merde qu’on avait voulu y mettre par l’intermédiaire de l’éducation en sus des comportements sociaux-culturels. Je ne savais pas après quoi je courrais, ce qui faisait que j’avais cette vague impression d’être toujours à côté de ce qu’il fallait. « C’est impossible, ce n’est pas rationnel, c’est pas moi qui vais changer le monde. ». Combien de fois, ai-je entendu cela ? D’où ça vient ? C’est ça que l’on enseigne aux gens ? C’est comme cela qu’on les éduque ? En vrai, j’aurais bien voulu m’en offusquer, pouvoir dire que c’était des conneries car si c’était vrai comment pouvais-je expliquer qu’il y ait des gens de bien ? Et puis, j’ai observé, analyser. J’ai commencé à étudier l’homme. J’ai fait ma propre anthropologie et c’est là que les choses me sont apparues clairement. On ne progresse pas en se reproduisant et quelque part, l’enseignement, l’éducation sont une forme de reproduction…. Une tacite reconduction de la connerie humaine. Dans le tas, on récupère deux ou trois trucs pas mal juste histoire que ça fasse bien… La fameuse bienveillance…. Mais en définitive, il n’y a rien à sauver.
Tant que l’homme se pensera comme un animal en mode survie, tant qu’il continuera à écraser sa propre espèce dans une course primitive à sa survie versus la mort des autres, il n’y aura rien à en tirer. Tu vois, Manu, la réussite a encore de beaux jours devant elle. Le bien n’aura qu’à disparaître dans ses méandres.

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